Des nouvelles de l’observatoire de la biodiversité d’Aveyron

En 2007, l'ex-LPO Aveyron lançait son observatoire de la biodiversité. L’objectif était de réunir les dynamiques bénévoles de suivis d’espèces et de valoriser les résultats. A l’époque des espèces comme le Faucon Pèlerin, les vautours, les oiseaux communs, le Grand Cormoran, le Héron cendré ou divers sites à chauves-souris étaient déjà suivis, parfois depuis quelques décennies. D’autres dynamiques de suivi émergeaient pour caractériser l’évolution des populations d’Oedicnème criard, des papillons de jours, des libellules, des amphibiens (par le CPIE du Rouergue).

Les résultats de ces suivis ne sont pas encore tous valorisés, mais progressivement, au cours des années, nous publions des « Cahiers de l’observatoire » disponibles sur notre site Internet afin de rendre compte de l’évolution de certaines espèces dans le département.

Le 14 février dernier, un point a été fait lors des journées naturalistes à Montlaur. 18 suivis sont particulièrement actifs. Nous avons l’habitude de citer celui du Faucon pèlerin mené depuis 55 ans et qui concerne aujourd’hui 80 sites. Celui des vautours, effectué par nos collègues du site Grands causses dure depuis 44 ans et celui des chauves-souris débuté par l’association Nature Aveyron et repris par la LPO dure depuis 36 ans. Certains ont été mis en place plus récemment comme l’observatoire agricole de la biodiversité qui a débuté il y a 7 ans ou le suivi du Bruant Ortolan qui dure maintenant depuis 11 ans. 14 autres suivis sont encore balbutiant souvent pas déficit de coordination. C’est le cas par exemple pour le suivi des papillons ou celui des hirondelles. Le suivi des oiseaux des jardins est bien relayé par de nombreux observateurs mais il gagnerait à être mieux animé dans le département.

Ces suivis permettent d’établir des tendances d’évolution des populations d’espèces afin de vérifier l’effet d’une protection ou d’alerter sur la dégradation de la biodiversité.

Par exemple, le suivi du Faucon pèlerin permet de vérifier que l’interdiction de désairage consécutive à la loi de protection de la nature en 1976 a permis aux populations de se développer à partir de rares couples survivant dans le département au début des années 70. De même le suivi des vautours permet d’évaluer le succès de la méthode de réintroduction de l’espèce, cette dernière étant aussi impossible à tuer depuis la loi de 1976.

Le suivi STOC-EPS a permis pour la première fois en 2023 de dresser une tendance d’évolution de populations d’oiseaux communs à l’échelle de l’Occitanie. C’est ainsi que nous avons appris à quelques nuances près que l’évolution des oiseaux communs en Occitanie était similaire à celle observée en France alors que nous pensions avoir quelques particularités qui pouvaient atténuer la perte de biodiversité. C’est désormais un message très important à transmettre à nos décideurs et à tout citoyen afin que des mesures soient prises.

Les informations recueillies au cours de ces suivis permettent parfois de mieux comprendre les causes d’évolution des populations. Ainsi, le suivi des chauves-souris de la grotte du Boundoualou a permis d’élaborer des hypothèses originales et robustes expliquant le déclin de l’effectif spécifique à cette cavité.

Nous sommes toujours à la recherche de bénévoles pour consolider ou améliorer la finesse des suivis. Il est parfois simple d’apporter une contribution surtout si le suivi ne concerne qu’une espèce. Une formation assurée par le coordinateur ou un autre participant permet rapidement de devenir un contributeur averti. C’est la durée et la constance de la participation dans le temps qui permettra à la fois une efficacité du suivi et de préserver l’énergie des coordinateurs.

Rodolphe Liozon

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