En Occitanie, les plus anciens Refuges LPO racontent leur histoire

Dans le cadre de la création de la LPO Occitanie nous avons recueilli le témoignage des propriétaires de certains des plus anciens Refuges LPO de chaque département de la région afin de mettre à l’honneur leur investissement de longue date auprès de la biodiversité de proximité.

Ariège

J’ai emménagé dans une petite villa entourée d’un hectare et demi de terres agricoles, il y a plus de 16 ans maintenant. Au bord de la plaine de l’Ariège, sur le premier ressaut des Pyrénées, au bord d’un petit plateau.
J’avais choisi ce lieu pour la taille du terrain qui pouvait me permettre de réaliser mon envie de toujours : un coin de nature plein de vie sauvage autour d’un petit jardin…
Pendant plusieurs années, j’ai donc planté des arbres sur ce terrain nu et triste au départ, beaucoup d’arbres, des haies brise vent côté vent dominant, et des haies variées partout ailleurs, de nombreux fruitiers et des centaines d’arbustes , puis des fleurs et des légumes… J’y aussi installé quelques poules et 3 moutons et de nombreux nichoirs et mangeoires pour les oiseaux du coin, qui n’ont pas tardé à arriver en nombre dès les premiers hivers (500 kg de tournesol par hiver)! Et des bains d’oiseaux, qui eux, servent toute l’année...
Et bien sûr, jamais un produit chimique quelconque n’a franchi l’entrée de mon refuge !
Une parcelle de 400 m² environ la plus éloignée possible de la maison est dédiée à une friche, où personne ne met jamais les pieds pour la tranquillité de la faune et de la flore sauvages.
Il y a quelques gros tas de galets de l’Ariège et des tas de bois morts disséminés à plusieurs endroits pour favoriser l’installation de la petite faune.
Le refuge est divisé par des haies en 3 parcelles, qui ne sont jamais fauchées en même temps pour permettre aux butineurs d’avoir toujours des fleurs à disposition…
Tout ça nous donne un petit havre de paix très fréquenté par les animaux sauvages, où les 2 chats de la maison portent des collerettes très colorées pour éviter les prédations l’hiver sur les oiseaux au nourrissage ; cela marche plutôt bien !
Toute cette vie animale autour de ma maison est une grande récompense pour mon travail très assidu lors des premières années.
Et cela me fait chaud au cœur de savoir que d’autres partagent les mêmes rêves, les mêmes objectifs, que nous sommes de plus en plus nombreux à espérer et œuvrer pour un avenir serein en harmonie avec la nature...
Témoignage d’Hélène Laborie-Jammes, propriétaire d’un Refuge sur la commune de Verniolle depuis 2003.

Aude

Il y a environ 30 ans, nous avons décidé de retirer le domaine de La Valdieu (51ha) à l’association de chasse en créant un refuge LPO. Ceci est parti d’une volonté de conserver la biodiversité en place mais aussi être au calme et en sécurité. Nous nous passionnons pour les oiseaux et visitons très fréquemment le site de migration de la LPO à Gruissan et y rencontrons l’équipe de LPO Aude.
Nous n’avons pas mis de dispositifs en place pour les oiseaux car nous avons la chance d’avoir une diversité de lieux de vie (garrigues, haies, bois, champs fourragers, vergers, murs en pierre,...). Nous laissons les arbres morts en place ceci offrant logement aux oiseaux mais aussi aux insectes. Les Pics noirs, épeiches et verts sont tous trois résidents, nous observons des passereaux en tout genre, Mésanges à longue queue, pinsons, grives…
Grâce aux efforts de la LPO, les vautours sont observés quasiment quotidiennement. Le Circaète Jean-le-blanc survole fréquemment nos champs et on observe très souvent l’Autour des palombes dans le bois de notre camping.
Cette année nous avons enfin pu constater le retour des hirondelles à notre plus grande joie. Pourvu que cela dure.
Témoignage de la famille Cooper, propriétaire d'un Refuge sur la commune de Rennes-le-Château depuis 1993.

Aveyron

Mon Refuge est basé à Tayrac, je l'ai créé en 1997. L'idée de faire partie d'un maillage "Refuge" de la biodiversité est une idée forte. J'avais envie de permettre à la "toile de la vie" de se rétablir en accueillant la faune et la flore locale sans restriction. De savoir que ces 1700m² sont un vrai refuge dans un environnement agricole, me procure un vrai bonheur.
J'ai continué dans cette idée en aménageant mon Refuge LPO par la plantation d'une haie "nourricière" pour les oiseaux, points d'eau, nichoirs à mésanges et à chouettes (Effraie des clochers et Chevêche d'Athena), tas de bois, entassement de végétaux pouvant servir d'incubateur aux œufs de couleuvres, mur de la grange non crépi apprécié des moineaux et des insectes, cave accessible aux chauves souris...
Toujours dans cette optique, j'ai également continué cette action en sensibilisant autour de moi, je suis la bénévole référente des Refuges LPO en Aveyron.
Témoignage d'Annette Vabre, propriétaire d'un Refuge sur la commune de Tayrac depuis 1997.

Haute-Garonne

Nous avons acheté un terrain d’environ 5000m² en 1979, il est situé en zone périurbaine dans la banlieue de Toulouse à Tournefeuille. Il est bordé sur deux côtés par un petit canal qui nous permet d'arroser et par un fossé mère qui rejoint plus loin le Touch.
C'était un champ de maïs au départ. Nous avons très rapidement planté des arbres et implanté un verger de fruitiers variés. Ensuite il s'est peu à peu garni d'arbres autochtones (chênes, saules…) grâce aux graines apportées par les écureuils et les oiseaux, c'est devenu maintenant un beau "fouillis " naturel mais entretenu par une tonte annuelle effectuée en septembre. Un jardin d'agrément  comportant des massifs floraux et une mare et un potager viennent compléter le tout. Nous avons aussi quelques poules qui connaissent des frayeurs occasionnelles dû aux incursions du renard.
Passionnés d'insectes, en particuliers des abeilles, notre terrain est devenu leur refuge. Nous avons installé de nombreux hôtels à insectes qui accueillent deux types d'osmies. Le xylocope est très présent chez nous, ainsi que la mégachile et de petites abeilles solitaires. Nous avons aussi des ruches, parfois perturbées par le Frelon asiatique.
Nous effectuons un entretien minimaliste de façon à laisser des parties en friche pour les animaux, la pelouse est plutôt une prairie. Nous avons observé des couleuvres, des grenouilles, crapauds et même des salamandres. Des tas de bois sont laissés un peu partout sur le site, ils permettent une faune intense. Le compost est fait en tas lui aussi. Nous exportons très peu de déchets et nous importons très peu de choses (quelques graines). Une sorte d'économie circulaire !
Nous avons toujours voulu que ce lieu soit un refuge pour la faune et la flore, nous nous réveillons chaque matin avec le plaisir d'être en pleine nature, d'entendre la vie grouillante de ce jardin. C'est une chance inestimable de vivre là alors que nous sommes dans une ville de 28 000 habitants et de plus en plus cernés par de nouvelles constructions. Nous sommes fiers du résultat, de notre jardin sauvage, d'avoir considérablement augmenté la biodiversité de cet espace
Bref vous l'avez compris, une véritable oasis tout près de la ville, réalisée en 40 ans. Notre crainte : c'est qu'elle soit parcellée en lotissement après notre départ !
Témoignage de Dominique Dupouy, propriétaire d’un Refuge depuis 1997 sur la commune de Tournefeuille.

Gers

Nous avons acquis une propriété agricole de 48 hectares depuis plus de quarante ans, rapidement nous avons mis la propriété en refuge LPO .
Par la suite, un site Natura2000 s'est créé autour de la zone. Depuis douze ans une propriété attenante de 70 hectares été achetée et mise en refuge LPO également.
Le site s’est agrandi et nous sommes actuellement avec une surface de 240  hectares en Refuge LPO. Pour nous c’est aussi un combat de préserver toute cette zone et nous sommes particulièrement fiers et engagés pour que cela se perpétue. Merci à La LPO.
Témoignage de Lucie Larrive, propriétaire d'un Refuge sur la commune de Simorre depuis 1991.

Hérault

Le refuge est situé à 3 kilomètres de la ville de Béziers sur un ancien domaine viticole et sur une surface d'environ 3 hectares, constituée  d'un ancien parc (2 hectares) et d'1 hectare en prairie, arbustes et haies entourant la maison et le bâtiment agricole.
Le parc/bois est entretenu un minimum, hormis les allées qui sont tondues, le bois mort et les branchages de taille sont laissés sur place ou en tas pour servir de refuge aux animaux. Je laisse la prairie centrale fleurir sauf sur certaines parties servant de coupe feu. Il est prévu d'y installer quelques moutons pour limiter le passage de la débroussailleuse.. Les ronces sont conservés mais taillés pour les maîtriser, elles servent là aussi d'abri pour les petits animaux et de réserve de nourriture pour les pollinisateurs et les oiseaux. Idem pour le lierre, maîtrisé mais conservé quand c'est possible. S'il faut tronçonner certains arbres tombés, c'est fait en hiver, avant le printemps, pareil pour la taille. Les arbres morts ne présentant pas de dangers sont laissés sur pied.
La partie autour de la maison, plus aéré,  est un jardin planté  de thym, romarin ,sauge,.... des plantes et arbustes mellifères, et méditerranéens. Je laisse pousser les pruniers et amandiers sauvages, les sureaux...et fleurir la prairie en alternance. Un des côtés de la propriété est bordé d'un long mur de pierre, doublé d'une haie de ronces et lierre.  L'ensemble de la propriété n'est pas clos sauf des restes d'ancien grillage côté parc que je ne remplacerai pas afin de permettre la circulation des animaux (dont les sangliers dont je me passerais bien...).
Je ne mets pas de nichoir, estimant qu'entre les arbres, arbustes, les trous dans les troncs et les vieux murs, les oiseaux ont de quoi se loger. Dans l'ancienne cave viticole, les nids d'hirondelles sont maintenant occupés par des Rougequeues noirs. Je mets une mangeoire en hiver et des récipients d'eau toute l'année. Après avoir hésité entre avoir un "beau" parc avec des heures d'entretien ou laisser la nature s'exprimer en intervenant le moins possible, j'ai choisi la facilité mais surtout ce qui me semblait le plus utile pour la faune et la flore.
Témoignage de Marielle Goebel, propriétaire d'un Refuge LPO sur la commune de Béziers depuis 1993.

Lot

Nous sommes adhérents LPO depuis plus de trente ans et cela fait désormais 28 ans que nous avons labellisé notre terrain en Refuge LPO, motivés par quelques chasseurs… indélicats ! Il couvre à peu près trois hectares de pelouses sèches, bois et truffières, murs de pierres sèches et arbres morts qui hébergent de nombreuses espèces. Cette fois, plus d’indélicatesses mais des relations très cordiales avec les chasseurs.
Nous veillons à sauvegarder l’ensauvagement du lieu : les murs de la maison qui n’ont pas été ré-enduits accueillent chauves-souris, lézards, troglodytes, rougesqueues et mésanges, les trous à pigeons plaisent aux Petits-ducs scops. Nous préservons les broussailles, le lierre, les buis qui, malgré les pyrales, ont survécu; les pelouses sèches sont tondues en début d’hiver pour éviter un reboisement trop rapide.
La limitation des souris et autres rongeurs est à la charge des rapaces nocturnes, renards, chats, martres et fouines. Ces derniers ne semblent pas nuire excessivement aux populations d’oiseaux, toujours très nombreux : les couvées ont très bien réussies depuis deux ans.
Un moment singulier, au milieu de la nuit : le brame d’un cerf et le fracas de ses brisées et il y a un peu plus d’un an maintenant.
Bref, en 28 ans, s’est créé un espace où toutes les espèces présentes (dont la nôtre !) cohabitent sereinement. Nos poules sont en liberté, trois renards passent quotidiennement chez nous sans dommages. Une belle martre, ce gracieux assassin, vient boire dans le bassin qui jouxte le poulailler. Notre grande chienne veille sur les lieux la nuit librement et ça n’empêche pas un blaireau grassouillet de venir récupérer les fruits tombés.
Oiseaux, renards etc., nous connaissent, ils savent qu’ils n’ont rien à craindre de nous, nous n’avons rien à craindre d’eux ; nous pouvons les aider parfois, ils nous aident toujours… Ce refuge est leur. Ne serait-ce pas nous qui nous y réfugions ?
Témoignage de Mireille et Denis Felix, propriétaires d'un Refuge sur la commune de Conçots depuis 1992.

Lozère

Mon engagement vis-à-vis de la protection des oiseaux et de la nature s'est concrétisé en janvier 2001 par mon adhésion à la LPO et la labellisation de la totalité de ma propriété en refuge. Ceci pour en faire un havre de paix, tant pour la faune sauvage que pour les animaux domestiques et les êtres humains.
Je suis également inscrite sur le site « Des Terres et des ailes ». Je suis agricultrice dans une petite commune des Cévennes lozériennes : 15 hectares en agriculture biologique dédiés aux vergers de châtaigniers et où vivent brebis, chevaux, âne et poules.
Etre refuge LPO, c'est partager des conseils, des idées, des découvertes avec les hôtes qui viennent en gîte passer quelques jours à la Magnanerie du Serre. Cela permet aussi d'admirer en hiver le balai incessant des oiseaux autour des mangeoires et au sol : mésanges, pinsons, Rougegorges familiers, Chardonnerets élégants … Suivant les saisons, nous écoutons les Chouettes hulottes ou le Coucou gris, nous guettons le vol des chauves-souris ou observons les rapaces.
Les oiseaux, les insectes et autres animaux petits et gros, s'installent dans leurs abris spécifiques, mais aussi dans les murs en pierres sèches des maisons et des terrasses, dans les bâtiments agricoles qui leurs sont toujours ouverts, dans les arbres creux et les tas de branchages laissés à leur disposition.
Pour procurer davantage de lieux de vies à la faune sauvage tout en enrichissant la flore, le projet le plus important de ces deux prochaines années est l'installation d'environ 350m de haies autour de certaines parcelles.
Témoignage de Geneviève Mataillet, propriétaire d'un Refuge sur la commune de Saint-Hilaire depuis 2001.

Hautes-Pyrénées

Bordé d’un bois et de prairies, notre vieux jardin sans intrants chimiques, planté d’essences forestières, de fruitiers à la production échelonnée jusqu’en décembre, de buissons touffus (aubépines, bonnet-d’évêque, seringats, houx, rosiers), d’aromatiques et de vivaces attirant les insectes (menthe, bourrache, consoude, sauges, primevères, ancolies, asters,…) offre avec ses sources, un refuge naturel aux oiseaux granivores, frugivores ou insectivores.
Après l’avoir inscrit à la LPO au début des années 2000 et reçu de précieuses fiches-conseils, nous y intervenons le moins possible, veillant à préserver vieux lierres, herbes sauvages, fruits tombés, feuilles mortes, tas de bois, et à ne tailler que passée la saison des nids. Trois mangeoires suspendues, garnies de millet et tournesol, et (plus durable !) un pain de graisse « maison » réunissent l’hiver Grosbecs casse-noyaux, Tarins des aulnes et Pinsons du Nord. Fidèlement occupés par Mésanges bleues, charbonnières et nonnettes, les nichoirs hébergent parfois le Rougegorge familier, la Sittelle torchepot et le Grimpereau des jardins. Au total, près de 50 espèces, sédentaires ou non, partagent le jardin avec le hérisson, le crapaud… et les couleuvres, ennemies des nids mais mises en déroute par quelques poules en liberté !
Témoignage de Cécile Cadène, propriétaire d'un Refuge sur la commune de Saint-Laurent-de-Neste depuis 1998.

Pyrénées-Orientales

Je suis adhérent LPO depuis 40 ans. Au début des années 90 j’ai labellisé mon terrain Refuge LPO et amplifié le nombre de nichoirs. A ce jour, je dispose de six nichoirs fermés, d’un semi-ouvert et de deux gîtes à chauves-souris.
Les nichoirs fermés sont régulièrement occupés par les mésanges charbonnières et bleues, le grimpereau des jardins et le moineau friquet. D’autres espèces nichant régulièrement n’ont pas besoin d’aménagements particuliers, comme l’hirondelle rustique dans le proche d’entrée, la Fauvette mélanocéphale dans la haie ou encore le Merle noir et les Tourterelles turques dans les arbres fruitiers.
Tout au long de ma vie j’ai participé à des inventaires de l’avifaune, aux soins d’animaux blessés, à des mises en place de zones de protection, à des conférences de sensibilisation ou des sorties de découverte uniquement pour protéger et faire connaitre les oiseaux et par plaisir de partager ma passion.
Témoignage de Jean-Pierre Pompidor, propriétaire d'un Refuge sur la commune de Canohès depuis 1997.

Tarn

Je m'appelle Michel et depuis tout jeune, j'ai toujours été attiré et passionné par les oiseaux et la nature.
En mai 1990, j’ai adhéré au programme des Refuges LPO pour mon terrain d'un hectare composé de prairies et de bois sur la commune de Castres dans le Tarn.
J’ai installé de nombreux nichoirs pour des espèces différentes. Depuis 30 ans, des centaines de jeunes sont sortis de mes nichoirs. Certains sont spécifiques comme les nichoirs pour les Martinets noirs qui longent tout l’avant-toit de ma maison. J’ai installé aussi des gîtes à chauves-souris et à abeilles sauvages.
Témoignage de Michel Cauquil, propriétaire d'un Refuge sur la commune de Castres depuis 1990.

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